Yuan Yanwu
13 years © Yuan Yanwu

Interview de Yuan Yanwu (袁燕舞) par Yu-hui Liao-Fan.

 

Yuhui Liao-Fan: Qu’est ce que « la photographie » pour vous ?

Yuan Yanwu: Entre le moment où j’ai commencé à m’intéresser à la photographie, (au début de ma formation de journaliste), et maintenant que je suis artiste, le sens que je donne au mot « photographie » a évolué et je ne suis plus tout à fait sûre de ce qu’il signifie. Je ne sais pas vraiment si je peux encore me considérer comme une « photographe », parce que depuis deux ans l’« appareil photo » n’est plus une condition nécessaire à la création de mes œuvres. Ce qui est important dans la « photographie » ce sont les clichés qui sont à la source de la création (il n’est même pas nécessaire que ce soit moi qui les ai pris). Par exemple, avant j’utilisais un appareil photo numérique pour reproduire sur ordinateur les vieilles photos qu’il y avait chez moi, maintenant je les numérise directement sur un ordinateur et je fais la post-production sur l’écran. Dans Autoportraits de jeunesse (partie 1), ma première exposition, qui s’est tenue à Paris, la post-production était entièrement basée sur les photos, c’est à dire j’associais photo et post-production sans que l’un domine l’autre ; mais dans mes projets actuels, j’ai presque uniquement utilisé l’outil « Pinceau » de Photoshop, qui a pris le pas sur la photographie elle-même. J’ai l’habitude de créer plusieurs calques sur la photo originaire, et de la recopier pour qu’elle ressemble à un tableau (en un mot, cette méthode est similaire à la méthode dite de “traçage à l’encre noire sur les caractères imprimés en rouge” que l’on utilise pour apprendre la calligraphie chinoise). Lorsque ce travail est terminé, je supprime la couche photo originale, ainsi l’image finale semble avoir été totalement peinte à la main, et il n’y a plus aucune trace de la photographie. Je ne sais pas exactement comment définir ce travail : même si je retire le processus « photographique » de ma pratique artistique, puisque l’œuvre est la réplique artistique d’une photographie originale, elle est forcément liée à la « photographie ».

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16 years © Yuan Yanwu

Yuhui Liao-Fan: Est-ce que vous pouvez écrire une introduction biographique ?

Yuan Yanwu: Est-ce que vous pouvez écrire une introduction biographique ?

Yuan Yanwu: Je suis née en Février 1976 dans la ville Yansi, qui est l’actuelle ville de Huangshan dans le comté de Huizhou, dans la province de l’Anhui. Il y a un village nommé Xixinan à 10 km de Yansi, c’est le lieu de tous mes souvenirs d’enfance, d’ailleurs ma grand-mère y vit toujours. A huit ans, j’ai déménagé à Shanghai pour vivre avec les parents de ma mère. Entre 1994 et 1998 j’ai étudié le journalisme et la communication à l’Université de Nanjing, puis après avoir obtenu mon diplôme j’ai travaillé dans le département photographie du journal Xinmin Evening à Shanghai. Cinq ans plus tard, en 2003, j’ai quitté mon travail et je suis venue étudier en France. Au début, j’ai étudié à Institut Français de Presse de l’Université Panthéon-Assas, puis dans le département photographie de l’Université de Paris VIII. Maintenant, je vis et travaille à Paris. Le contraste entre mes souvenirs d’enfance dans mon village et la vie en ville après mes huit ans, l’histoire de ma famille, le fait d’avoir vécu dans les cultures occidentale et orientale – tous ces facteurs ont une immense influence sur mon travail.

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2 years © Yuan Yanwu

Yuhui Liao-Fan: Quel est votre parcours de photographe ?

Yuan Yanwu: Quand j’étais étudiante en journalisme à l’Université de Nanjing, nous avions un cours sur le photojournalisme; à cette époque, internet n’était pas aussi populaire qu’aujourd’hui, et c’est par des livres que j’ai été attirée : venus d’occident, ils évoquaient les différentes grandes figures de la photographie. Tout à coup j’ai compris que la photographie est plus réelle et plus persuasive que les mots. C’est pourquoi j’ai décidé d’être rédactrice photographe dans les journaux après avoir obtenu mon diplôme. Avant d’y arriver, j’ai aussi fait des interviews sur le thème de la photographie : c’était ma première véritable rencontre avec le monde de la photographie. Peu à peu, j’ai réalisé que le photojournalisme ne suffisait pas à satisfaire mon désir d’expression de soi; à cette époque je voulais étudier à l’étranger pour découvrir le monde, c’est ainsi que j’ai choisi la France, la terre de naissance de la photographie. Lorsque j’ai étudié à l’Université de Paris VIII, j’ai étudié l’histoire, les théories et l’esthétique de la photographie occidentale, tout en suivant également des cours pratiques. Tous ces enseignements ont changé ma compréhension de la photographie. Comme sûrement beaucoup d’autres étudiants à cette époque, mes œuvres ont été profondément influencées par le style documentaire de l’École de Dusselfolf (par exemple, j’aime énormément les portraits de Thomas Struth). Les techniques très strictes de cette école (photo de face, certaine distance avec le sujet, neutralité, ne pas véhiculer d’émotion) étaient à l’exact opposé de ce que j’avais fait jusque-là.

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Food (Jing) © Yuan Yanwu

Puis j’ai progressivement compris que ce qu’ils appelaient « neutralité » et « objectivité » n’était au fond qu’un moyen d’expression comme un autre. Pour citer le point de vue du livre Style documentaire, le « documentaire » est un simple style, et non pas la véritable représentation de la réalité ; et le photographe peut tout à fait obtenir le style qu’il désire en ayant recours à une chambre noire et à la post-production. Peu à peu, j’ai changé ma façon de faire de la photographie, en préférant me focaliser sur la post-production plutôt que sur la prise de vue. L’œuvre que j’ai présenté pour obtenir ma licence est intitulée Nourriture : elle est composée de plus de dix diptyques. Sur la droite il y a des portraits de diverses personnes, et sur la gauche un plat préparé par chacune d’elles. On retrouve l’influence de la photographie documentaire dans cette œuvre. Parallèlement à cette tendance, j’avais commencé à faire des reproductions de photographies en utilisant la post-production. Par exemple, je simplifiais l’arrière-plan d’un portrait, je réglais la couleur pour la rendre à la fois plus équilibrée, plus spectaculaire et plus légère. Après avoir subi plusieurs processus de « reproduction », la nourriture est visuellement très nette et lumineuse. Cette œuvre représente la nécessité qui lie l’homme à son alimentation, en les mettant l’un en face de l’autre et en montrant des assiettes aussi grandes que des hommes. Suite à cela, la post-production a occupé une place toujours plus importante dans mes œuvres.

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Elswhere (Yan) © Yuan Yanwu

Dans Elswhere, j’ai changé l’aménagement de l’espace dans lequel j’ai photographié mes modèles, en fonction de mon imagination, et j’ai également beaucoup retouché ces personnages. Dans Double bind, j’ai créé les jumeaux virtuels de mes modèles. Tout cela montre l’importance de plus en plus grande de la post-production dans mon travail. Pour Autoportraits de jeunesse (partie 1), les sept portraits pris dans mon enfance étaient des vieilles photos que j’ai retrouvées chez ma grand-mère de Shanghai et chez mes parents : à l’origine, ce n’étaient pas des portraits, mais des photos de famille. Je peux dire que depuis cette série, j’explore de nouvelles directions artistiques: la mémoire, le temps, la réalité, l’imagination, la vérité, la fiction, la proximité, la distance …. Pour moi, ce qui est « photographique » relève de la réalité, tout en la dépassant. La photographie est proche de l’imagination et de la fiction.

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Double bind © Yuan Yanwu

Ce qui est assez intéressant, c’est qu’après avoir étudié la photographie, j’ai commencé à chercher mon inspiration dans la peinture moderne. Le thème de ma mémoire de master était la peinture photographique : «peinture photographique: de la figuration à la transfiguration». Ma recherche ne portait pas sur des photographes mais sur des peintres, et plus précisément sur ces peintres qui utilisent des photos comme des «modèles». On peut trouver des peintres de cette école en remontant au Pop Art américain des années 50 et 60, avec le photoréalisme en tête de file (la peinture réaliste des premiers peintres chinois qui ont étudié aux États Unis, tels que Chen Yifei ou Chen Danqing, est en quelque sorte liée à cette école). Ensuite on pourrait évoquer le peintre européen Gérard Richter, ainsi que de nombreux peintres modernes dont les modèles sont des images trouvées sur internet, dans les magazines ou à la télévision. Il est vrai que ces dix dernières années, la peinture figurative a trouvé dans la photographie et les nouvelles technologies une nouvelle source d’inspiration et un nouveau dynamisme. Quand je suis arrivée en France en 2003, j’ai visité l’exposition sur le photoréalisme américain du Musée d’Art Contemporain de Strasbourg, qui m’a beaucoup touchée. A cette époque, je n’étais pas vraiment familière de ce type d’art, et je ne me doutais pas que mon travail serait autant marqué par cette rencontre. L’exposition de David Hokney à la National Portrait Gallery de Londres m’a également beaucoup impressionnée. J’aime particulièrement la couleur et la légèreté de ses œuvres, ainsi que les thèmes qu’elles abordent – portraits de sa famille et de ses amis, scènes de vie ordinaire… il y a une longue liste d’artistes qui m’ont influencée. Quand je voyage en Europe ou ailleurs, c’est un peu une de mes tâches routinières d’aller visiter les galeries et les musées.

Quand j’étais en Chine, je me limitais au journalisme ; c’est après mon arrivée en France que je me suis vraiment lancée dans la photographie artistique. Cette expérience est très intéressante pour moi car elle me permet de porter un regard distancié sur l’art chinois.

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14 years © Yuan Yanwu

Yuhui Liao-Fan: J’ai l’impression que de plus en plus de jeunes ont des formations hétérogènes et, en conséquence, leur carrière professionnelle commence plus tard, ce qui entraîne un impact profond sur leur vie. Il me semble que cela est symptomatique d’une tendance dans tous les pays capitalistes, tendance qui peut avoir des implications sociales importantes. Quel est votre point de vue sur cette question?

Yuan Yanwu: A mon avis, si quelqu’un se lance dans une carrière très vite, c’est essentiellement dû à sa personnalité et à ses expériences personnelles. Certaines personnes sont assez matures pour décider de leur avenir professionnel très jeunes, et s’ils réussissent du premier coup, alors leur carrière commencera tôt. Mais d’autres ne parviennent à distinguer ce qu’elles veulent faire que beaucoup plus tard. Dans tous les cas, je pense que ce qui importe c’est de se donner les moyens d’atteindre son but, en faisant preuve d’une certaine obstination. Même s’il n ‘y a qu’une seule chose que l’on arrive à faire parfaitement, c’est déjà en soi extrêmement positif. Je crois que cette tendance que vous avez évoquée est courante dans les pays capitalistes, mais aussi dans les pays socialistes actuels, tels que la Chine. Énormément de possibilités s’ouvrent aux jeunes d’aujourd’hui, et la matière qu’ils étudient à l’université ne doit pas pour autant être obligatoirement le domaine dans lequel ils travailleront pendant toute leur vie.

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5 years © Yuan Yanwu

Yuhui Liao-Fan: Pouvez vous décrire votre travail ? Comment définiriez vous vos photographies ?

Yuan Yanwu: Je travaille très lentement, d’une part parce que je suis naturellement quelqu’un qui ne se presse pas, d’autre part parce que je suis perfectionniste. S’il n’y a pas de date limite à la création d’une œuvre, je pourrais très bien être incapable de la terminer. Je ne suis pas sûre de savoir comment mes œuvres devraient être classés. Du point de vue visuel, elles sont plutôt proches du photoréalisme (à la différence près que j’utilise l’ordinateur et non pas la peinture). Il y a aussi beaucoup de gens qui pensent qu’elles se rattachent au Pop Art. Par leurs thèmes, mes œuvres ont une valeur autobiographique indéniable. Je passe la plupart de mon temps devant l’écran de mon ordinateur, ce qui est une façon de travailler assez fermée sur soi, un peu à la manière des écrivains. Mes sources d’inspiration sont des photos existantes; le plus souvent je choisis des photos d’amateurs : leurs surprenantes imperfections me donnent des idées. Une fois que j’ai re-produites ces photos, ces imperfections deviennent les points marquants de mes œuvres. Ce processus est très fréquent dans la série sur laquelle je travaille en ce moment.

Je pense qu’il est encore un peu tôt pour définir mes œuvres, parce que cela fait à peine deux ans que je me suis consacrée à l’art. Ce que je présente aujourd’hui n’est que la partie émergée de l’iceberg. Je pense que pour définir les œuvres d’un artiste, il ne suffit pas de voir ses débuts, mais au contraire il faut observer le cours entier de sa vie et de son œuvre. De plus, ce travail de définition est généralement fait par quelqu’un d’autre que l’artiste lui-même.

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15 years © Yuan Yanwu

Yuhui Liao-Fan: Est-ce que vous pouvez dire quelque mots sur votre technique ?

Yuan Yanwu: Comme je l’ai dit plus tôt, dans mon travail actuel les questions techniques telles que le type d’appareil utilisé passent au second plan; ce qui importe c’est la post-production. Ainsi, c’est l’écran de mon ordinateur, la palette graphique, et le résultat final qui comptent pour moi. Pour parler simplement, la technique que j’utilise le plus souvent consiste à dessiner sur l’écran avec l’outil pinceau de Photoshop, avec des couleurs venant directement de celles de la photo originale. Je peux même choisir les paramètres de la brosse, c’est donc vraiment comme si je peignais, à la différence que la photo permet la duplication des œuvres J’utilise le poste de travail imac qui est spécialisé dans le traitement graphique, avec un très grand écran (je suis capable d’utiliser l’ordinateur, mais je n’y connais pas grand-chose, et je ne me souviens ni du modèle ni la taille de l’écran), ainsi qu’une tablette graphique Wacom.

Yuhui Liao-Fan: Est-ce que les aspects techniques que vous venez d’évoquer sont importants, ou est-ce que ce qui compte n’est que le résultat final ?

Yuan Yanwu: Les moyens et les compétences techniques ont bien sûr leur importance, par exemple, sans un écran surdimensionné d’excellente qualité, sans mon stylo graphique, je ne peux absolument pas travailler et je ne serais sans doute pas en mesure de présenter des œuvres de cette qualité. De même, si je n’avais pas l’habitude d’avoir recours depuis longtemps au pinceau de Photoshop, je serais incapable de l’exploiter de cette façon. Certes il s’agit d’un outil virtuel, mais dont les paramètres de vitesse, de poids et de rendu visuel peuvent être modifiés, et qu’il faut donc maîtriser. Au début, je ne pouvais même pas tracer une ligne droite avec le pinceau, alors imaginez reproduire une photo ! Toutefois, au-delà de l’aspect technique, si l’œuvre est imprécise, qu’elle ne véhicule pas de message (c’est-à-dire de contenu), simplement recopier une photo ne rime à rien.

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9 years © Yuan Yanwu

Yuhui Liao-Fan: Qu’est ce qui vous plaît et vous déplaît dans la photographie contemporaine chinoise ?

Yuan Yanwu: J’aime l’audace et le dynamisme de la photographie contemporaine chinoise1, ainsi que son imagination débordante, ses expérimentations techniques, et son énorme potentiel. Mais ce que je n’aime pas, c’est qu’elle est parfois tout à fait utilitaire et commerciale.

Yuhui Liao-Fan: Est-ce que vous avez un vœu ou un rêve photographique, autant en ce qui vous concerne que pour la photographie contemporaine chinoise ?

Yuan Yanwu: Comme je l’ai dit précédemment, mes œuvres sont autobiographiques par nature, et j’espère qu’elles pourront être acceptées par la communauté internationale.
Je pense que les artistes ne sont pas concernés par les nationalités, qui sont restrictives. Peu importe ce qui est exprimé dans leurs œuvres, ils représentent quelque chose de commun à l’humanité toute entière.

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Yuhui Liao-Fan: Est-il fondamental de vivre dans une très grande ville, ou -par exemple grâce à internet- la ville dans la quelle on habite n’est plus un choix obligé ?

Yuan Yanwu: Tout d’abord cela dépend du type de carrière photographique dont nous parlons. S’il s’agit d’un type de travail étroitement lié avec un environnement précis, le rôle de la localisation géographique ne peut pas être négligé. Mais s’il s’agit de pure création artistique, je pense que dans le monde moderne, les artistes peuvent vivre n’importe où sans souci, tant qu’ils peuvent rester en contact avec l’extérieur (via internet, le téléphone mobile, etc.); ils peuvent de toute façon se déplacer en cas de besoin. Je pense que cela pourrait être le mode de vie de la plupart des artistes contemporains.

Yuhui Liao-Fan: Est-ce que vous pensez que c’est important d’avoir un blog ou un site internet ? Est-ce que il est fondamental qu’il soit traduit en diverses langues par exemple en anglais ? Comment la toile contribue-t-elle à la diffusion de la photographie contemporaine chinoise ?

Yuan Yanwu: Je n’ai pas de blog, je n’ai qu’un site personnel. Je crois que quel que soit le support de notre création, l’accessibilité de son travail sur internet est importante. L’anglais est la langue mondiale, donc je pense qu’elle est suffisante tant que l’on ne s’adresse pas à un public spécifique. À mon avis, Internet joue un rôle clé en facilitant la communication entre le monde de la photographie en Chine et celui de la photographie occidentale. Via internet, les chinois peuvent accéder à un grand nombre d’informations, grâce aux sites officiels des expositions, aux sites de critiques, aux pages personnelles des photographes occidentaux, aux blogs, etc.

Yuhui Liao-Fan: Comment décrivez-vous le milieu artistique et photographique en Chine ? Est-ce qu’il y a souvent des expositions, des festivals, des manifestations, etc ? Qu’en est-il de la photographie commerciale ?

Yuan Yanwu: Ces dernières années, en vivant à l’étranger, la plupart des informations que j’ai reçues sur le monde de l’art et la communauté des photographes chinois venaient d’Europe. Cela signifie incontestablement que les artistes chinois attirent de plus en plus l’attention de la communauté internationale. On assiste à un développement rapide de la vie artistique nationale (comprenant notamment des villages de peintres, des camps artistes, etc.) et du marché de l’art (galeries, centres artistiques, etc.). A Pékin il y a Song Zhuang, 798, Caochangdi, à Shanghai il y a le studio d’art de Taixing Road, le campus créatif de Moganshan, la rue Duaolun Road qui regorge d’artistes, les galeries d’art de la zone Bund, ainsi que divers centres d’exposition et des centres artistiques qui sont actuellement en plein essor.

En ce qui concerne le monde de l’art et la communauté d’affaires, ces deux cercles sont inextricablement liés, quel que soit le lieu et l’époque dans lesquels on évolue. L’art ne peut pas se développer sans l’intervention des acheteurs-vendeurs (cela ne veut pas dire dans le sens pur de création, mais au sens du marché), et, de nos jours, il fait de plus en plus partie intégrante de cette communauté.

Je tiens également à ajouter quelque chose, bien que ça n’ait en réalité rien à voir avec le monde de la photographie artistique : les studios de photographie commerciaux (qui réalisent des portraits artistiques, des photographies de mariage) sont un phénomène unique qui n’existe pas vraiment sous cette forme en Occident, et ce pourrait être particulièrement intéressant de les étudier.

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Yuhui Liao-Fan: Quels sont vos sources de références pour la photographie contemporaine chinoise ?

Yuan Yanwu: Dans ma bibliothèque il y a L’histoire artistique de la Chine au 20e siècle publié par les Editions de l’Université de Pékin, Noir Blanc Gris, Un parti pris de la Conscience culturelle, publié par les Editions des Beaux-Arts de Hunan.
L’année dernière, quand je suis revenue en Chine, j’ai découverts plusieurs magazines de très bonne qualité, qui sont très utiles pour comprendre l’art contemporain chinois. Par exemple, L’art de la Chine, LEAP, La revue d’art bilingue de l’art contemporain, Art Map, Art Aujourd’hui, Salut Art, etc.
Il y a certainement beaucoup de blogs intéressants, mais je ne suis pas assez au courant pour donner des recommandations.

Yuhui Liao-Fan: Pouvez-vous citer quelques noms de photographes chinois que vous appréciez particulièrement et expliquer pourquoi ?

Yuan Yanwu: Jingshan Lang. Parce que ses œuvres résisteront à l’épreuve du temps.

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Visitez le site de Yuan Yanwu pour avoir plus d’informations.

  1. J’ai besoin de préciser que lorsque je parle de la photographie contemporaine chinoise, je fais surtout référence à la photographie qui peut être considérée comme de la photographie d’art. []

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